De sa blessure, en passant par la lutte pour le titre et par ses performances personnelles, le latéral gauche olympien, Taye Taiwo est revenu, dans le OMmag du mois, sur cette saison passionnante.
Tu étais sorti à la mi-temps du match contre le Shakhtar Donetsk. Que s'est-il passé ?
Le coach m'a sorti à la mi-temps de ce match à cause de la blessure. Ce n'était pas au bon moment car le club a besoin de moi. C'est dommage mais c'est aussi dû au fait que j'ai joué beaucoup de matches. Ça arrive. Il y en a d'autres qui sont plus blessés, comme Laurent Bonnart. Moi, c'est quatre semaines (le défenseur olympien a repris avec le groupe en fin de semaine et effectuera un test dimanche matin).
Tu es le plus ancien de l'équipe et c'est ta première grosse blessure. Comment le vis-tu ?
Comme ça fait longtemps que je suis là, on se dit que ce n'est pas possible. Ça arrive de temps en temps. Ce n'est vraiment pas le bon moment pour moi.
Avant ta blessure, tu étais très en forme et tu venais d'inscrire un doublé face à Grenoble. N'est-ce pas encore plus frustrant ?
Je ne suis pas content de ne pas être avec le groupe. Ce n'est pas agréable de regarder les matches de tes collègues à la télévision et de voir comment ça se passe. De plus, les matches sont tous très importants.
Comment vis-tu cette place de leader du championnat ?
Ça fait longtemps que je suis là et on n'a jamais été premiers. L'OM est un club spécial. On ne retrouve pas cette ambiance ailleurs, ni à Bordeaux, ni à Toulouse, ni à Paris. L'OM est le club que tout le monde regarde.
"Les premiers supporters d'Europe"
Quel est votre principal adversaire pour le titre ?
Je ne réfléchis pas comme ça. L'important, c'est nous. La rencontre contre Lyon sera un grand match, que les supporters et nous, attendons. Mais on aura besoin des trois points.
Es-tu conscient de l'énorme attente des supporters concernant ce titre ?
Je suis aussi très content pour la ville. Ce n'est pas évident pour les supporters mais ils nous encouragent beaucoup, ils sont toujours derrière nous, même à l'extérieur. On les entend toujours chanter. Pour moi, ils sont les premiers supporters d'Europe.
On te voit souvent haranguer ce public...
On a besoin de ça, surtout moi, car j'ai besoin de confiance quand je suis sur le terrain. Je suis content quand ils m'encouragent. C'est pour ça que je les pousse car je m'entends bien avec eux.
Contre Grenoble, tu avais décidé de tirer le penalty. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?
Ça fait longtemps que je suis là. Je suis un peu un patron aujourd'hui. Quand j'ai vu qu'il y avait penalty, je me suis dit que c'était pour moi. Lorik Cana, Benoît Cheyrou et Hatem Ben Arfa m'ont encouragé et m'ont dit que j'allais marquer, qu'ils avaient confiance en moi.
Penses-tu que ton coup franc contre Grenoble est le plus beau but de ta carrière ?
Oui, mais je n'ai pas fait exprès de le mettre sous la barre. Lorik Cana m'a dit de frapper lorsqu'il a posé le ballon. J'étais trop content quand je l'ai vu rentrer. Quand on regarde les images, on comprend que le gardien n'ait pas pu l'arrêter vu la vitesse du ballon.
"Le coach me dit que je peux devenir le meilleur arrière gauche du monde"
Quel bilan fais-tu de ta saison, malgré cette blessure ?
Très satisfaisant. Erik Gerets me donne beaucoup de confiance. Il me parle beaucoup. Il me dit que je peux devenir le meilleur arrière gauche du monde. J'aime bien avoir un entraîneur qui dit les choses. Je travaille beaucoup à l'entraînement et j'écoute beaucoup les conseils. C'est ce qui est très important. Comment juges-tu l'apport de Brandao depuis son arrivée ?
Lorsqu'il est arrivé, il était un peu juste physiquement. Il jouait au Shakhtar et le championnat ukrainien était terminé depuis un bon moment. Ensuite, il est parti en vacances au Brésil. C'est pourquoi il a connu des débuts un peu difficiles. En ce moment, il est bien physiquement, il est costaud, il gagne ses duels et il marque. Je suis content pour lui car un attaquant qui ne marque pas n'est pas en confiance, même s'il joue bien. On est satisfait de son apport défensif car lorsqu'il perd le ballon, il cherche toujours à le récupérer et à contenir l'adversaire. Ça nous permet, à nous défenseurs, de mieux sortir sur le ballon et aussi d'attaquer.
Comment est l'ambiance dans le groupe ?
C'est un bon groupe, avec de bons joueurs. Je suis souvent avec Modeste M'Bami qui est mon grand ami et qui est un gentil garçon. Il est toujours là, il ne lâche rien.
Peux-tu nous dire un mot sur la sélection du Nigeria, en course pour la qualification pour la Coupe du Monde 2010, en Afrique du Sud ?
On a bien commencé en faisant match nul au Mozambique (0-0) au mois de mars, sur un terrain synthétique, ce qui n'était pas évident. Ce ne sont pas les mêmes terrains qu'en Europe. En juin, on aura la rencontre face au Kenya. Il faudra prendre les trois points. Ensuite, on jouera contre la Tunisie et à nouveau le Mozambique. Ce n'est pas fini, on vient en effet à peine de commencer. J'ai déjà joué la Coupe du Monde Junior 2005 aux Pays-Bas, mais j'ai manqué la « vraie » en 2006, en Allemagne, vu que nous n'étions pas qualifiés. L'épreuve en Afrique du Sud, en 2010 est donc très importante pour moi.
Peux-tu nous dire un petit mot pour les supporters ?
Allô, les supporters de l'OM, c'est Taye Taiwo à l'appareil. Je veux vous dire que je vous parle avec plaisir à chaque fois, que nous sommes sur le terrain car vous nous encouragez beaucoup. Vous êtes toujours derrière nous, mais nous aussi, jusqu'au bout pour être champions de France (rires).





